2e victoire de Michel Amalric au Vigeant

Date : 16 mai 2007
 

Michel Amalric creuse l’écart avec Bruno Destoop en reportant l’épreuve du Vigeant. 25 points séparent les 2 buell !! David Vaudry (n°14 sur Ducati 998R) nous raconte sa première course du challenge après 4 ans d’absence des circuits.

Michel Amalric sur Buell 1340

Cette victoire confirme Michel Amalric en tête du classement provisoire

Mercredi soir prêt d’une remorque... 3,70 m de long, aussi haute, aussi large que le Kangoo..... Fini de charger à 15 h 00... On est en retard au-delà de toutes mes espérances !... J’ai récupéré mon casque, une paire de bottes et une batterie le matin !... L’autre a cramé ! Gros vent sur la route... 110 km/h à grand peine dans les descentes... Que du bonheur !Les gosses dorment pendant 2 heures... Moi aussi !... Je m’arrête.... Après c’est l’enfer !Garance wouïne, chiale, hurle, Marie finit la route derrière coincée entre les 2 siège-auto à essayer de faire le clown pour distraire la petite et Lucien qui commencent vraiment à trouver le temps long... Ça promet... J’ai déjà envie de faire demi tour !Moi qui la veille ne voulait plus partir... Arrivée 20 h 00.Marie squatte un micro-ondes et nourrit Garance en plein air...Je nous installe avec l’aide de Laurent Villain et Julien son mécano. Esprit Coupe Ducati, tu es là !. Minuit, tout est installé... Garance hurle dans son lit.On est mort.... grignotage et tentative de sommeil....

Vendredi, une séance d’essais sur le sec... 30 mn, 30 €... Moi aussi j’aime bien les comptes ronds ! Merci le SBK.... Chronomètre mal configuré, je n’ai pas mes temps... Je me suis pas trop mal amusé, mais la moto est un camion et je me suis un peu démoralisé ; comme je l’avais envisagé les pilotes sont dans un autre rythme que moi ! En fait, ils ont un rythme eux !

Après midi, grosse pluie.... L’enfer avec Garance, Marie court partout, Lucien ne pense qu’à jouer, pluie ou pas ! Moi je cours faire monter les pneus pluie, je cours chercher quelqu’un pour enlever la béquille avant ; elle est cassée avec la moto dessus. Je cours chercher une béquille... Je cours pour monter les roues sur la moto... Marie court dépenser 30 € avec Garance dans les bras. J’ai fini la mécanique, je ne me change pas, il reste 10 mn, fin des essais libres !

Samedi, pneu arrière neuf, réglage de l’assiette, qualifs, je merde encore à essayer de suivre des roues alors que ça n’a jamais été mon truc. Et en plus je reste trop longtemps en piste.... 1’56... Je n’y arrive pas, je repars pour 4 tours, seul. Premier tour, je ne comprends rien à la moto, elle bouge de partout, j’suis pas à l’aise. 2e tour, je reprends un peu confiance dans l’engin. 3 et 4 tours, je m’applique à réduire les temps morts, respecter des repères de freinage et surtout je ne force pas ; 1’55"4, 31e... Moins vite qu’avec le Ducati 620 en 2003 mais bon reste une séance pour continuer à se familiariser avec l’avion et surtout retrouver confiance ; le plaisir n’est pas loin. J’ai pour progresser encore un peu... Je voudrais gagner 1 seconde demain matin et une encore en course. Ne pas s’énerver, j’ai été trop longtemps privé de tout ça.

Maintenant je me souhaite une longévité à la Jean-Claude Bouvier ! Donc la blessure est à proscrire.

Dans la nuit de samedi à dimanche il tombe des cordes. Deuxième séance, j’suis mal. La piste est déclarée sèche mais je vois des taches d’humidité partout ! Bon, il y en avait sûrement plus dans mon slip que sur la piste ! Bref je me traîne en 2’04. Je n’y arrive pas, j’insiste trop longtemps encore et je suis toujours perturbé par les sensations avec le pneu arrière. J’arrête, démoralisé. Le pneu peluche de partout, j’y comprends rien ! J’avance pas et il se détruit, je repars. Comme à chaque fois je retrouve la moto bizarre., ça bouge de partout, ça godille de l’arrière à l’accel’. Là, je crois que je vais rentrer démonter la tente... Gauche de la ferme j’ai 3 motos dans le dos, je veux pas les faire chier, je sors le long du vibreur et reste au ralenti sur la droite, main gauche levée sachant que les pilotes vont aller chercher tout à gauche le long des pointillés de l’accès aux stands pour replonger dans le double droit de la ligne d’arrivée. Et non, le premier d’entre eux me passe par la droite et me percute.... miracle... on ne tombe pas. Il m’a pris tout du long ; qui à tort ? Qui à raison ? Je crois qu’il faut apprécier de ne rien avoir et classer ça dans le registre fait de course, mais je me demande vraiment ce que je fous là.

31e sur la grille de départ. 8e ligne. C’est loin ! Avec Gérard, préparateur du 998 R prêtée à Laurent Termeau, on règle un peu l’amortisseur. De jonc en coup de marteau, j’enlève 5 tours de ressort sur l’arrière ! Je relève encore l’assiette. En route pour la course avec un nouveau pneu neuf et l’inconnu des réglages pas éprouvé en essais.

15 tours, je sais que mentalement ça va être long. Je n’ai pas roulé aussi longtemps depuis 2003 ! Toutes mes tentatives d’essais libres se sont transformées en fiasco ; neige au Mans, embrayage en 10 mn à Carole, fourchette de sélection au Vigeant, 22 tours en 6 fois à Carole ! J’ai failli mettre la Ducat’ en vente plus d’une fois ! Partir 31, je sais aussi que ça va être brouillon... J’ai répété et répété mes premiers tours. J’appréhende. Je suis à coté de Samuel Aubry et sa Guzzi sur la grille. Champion de France 250 Open devant l’EDF, 3 ans de championnat d’Europe en 250, 3 wild-car au Grand Prix de France... Une bête ! Dégoutté par son engin.... 130 cv, une boite identique à la série, pour ceux qui ont déjà conduit une Guzz’ !

Bref tout ça est bien long, la prégrille s’éternise, je ne sais que penser. Avant je rentrais sur un ring, là, je suis perdu. Tour de formation, je rode le pneu au mieux. C’est ma première course en slick. Tour de chauffe, départ difficile, embrayage raide à faire cirer, tous les chevaux se bousculent, ça lève, ça s’engorge, ça lève, ... ça promet. Je rode encore le pneu, en fait je me cherche, on me double de partout. Je commence à me dire que ça va être comme ça en course ! Feu rouge... rôôôôôôôôô.... vert ! Je réalise à peine mais j’ai l’impression que tout le monde hésite aussi.. La moto s’ébroue. 2 pilotes ont calé dont Fabienne Migout.

Premier droite, comme prévu, je me retrouve dans une boule de 4cl de boisson anisée pressée de sortir par un trou de 5 mm ! Ca slalome, queue de poisson, on reprend les freins sur l’angle, bref ils s’excitent tous !. Comme prévu ! Fin du premier tour, je n’en sais rien du tout mais je suis 23e ! Dès les premiers mètres j’avais remis les gants ... de boxe ! Mais je ne me suis pas rendu compte de la remontée. Mon idée était de ne pas faire n’importe quoi dans le premier tour, d’attraper un bon wagon dans le 2e une fois le peloton étiré et après s’appliquer.

2e tour en 1’54, déjà mieux que la qualif’. 3e en 1’52"8. Je me sens bien sur la moto, confiant à l’accélération, moins peur des chevaux ! Globalement la moto se comporte mieux. Puis comme je m’y attendais, la tête lâche un peu. J’ai buté un tour sur un concurrent qui m’a fait descendre en pression. On prend quelques gouttes d’eau sur la visière au fond du circuit, le pneu arrière recommence à travailler, on s’aperçoit qu’il y a des pilotes dans les bacs ! Dont un dans la chicane rapide, juste devant Laurent Villain et moi Ça commence à gamberger. Puis plus personne devant. Aucun panneau ne se levait dans la ligne droite à mon passage donc personne derrière non plus Les chronos remontaient jusqu’à fleureter une fois avec le 1’54. Un œil sur le décompte dans la ligne droite, encore 6 tours !!!!...Qu’est ce que je fais ? Je finis tranquille ou j’en remets une louche ? Reste 3 tours., j’en ai plein le c... un panneau se lève qui affiche "place 11". Coup d’œil derrière, une moto ! Fabienne est à mes trousses !!!! Je serais remonté 10 ???? Je regrette soudain de n’être pas panneauté !...

J’en remets une louche tranquille. J’enroule à cause du pneu. Soigne mes repères de freinage. Je tue les temps morts. M’applique partout. J’ai confiance dans la puissance de la machine. Trop, malgré un 1’52"2 dans l’avant-dernier tour, Fabienne me sort un frein au bout des stands à l’entame de la dernière boucle. C’est ma faute, trop sûr d’avoir des chevaux je n’ai pas fermé la porte. Je reste en embuscade jusqu’au trop tard, me tâte, analyse rapidement mes essais pourris, notre week-end pénible et cette 11e place inespérée quand je suis allé me placer 31 sur la 8e ligne !

Je reste blotti derrière la n° 125 jusqu’au gauche de la Ferme, attendant une éventuelle erreur. Rien, je passe l’arrivée 11e, heureux, surpris, libéré, déçu aussi mais globalement rassuré... car le plaisir est là ! Plus de doute, j’aime les courses de vitesses, et les presque 4 ans d’abstinence m’ont fait souffrir. Et pas que dans mon pilotage ! Tout fini sur une belle note. Marie est fière et heureuse. Lucien voit en moi un champion... et en lui la relève ! Les galères s’effacent d’un coup. C’est bon quand ça se passe comme ça.

Maintenant, si la joie est réelle, pas de précipitation !... Beaucoup d’abandons en course... 12 !... Dont 5 m’ont directement profité ! Ça me m’était 16. Ensuite rouler en 1’52 c’est bien mais les temps des premiers vous remettent à votre place ; 1’47, il y a 5 secondes ! Quand on sait à quel point les derniers dixièmes sont durs à aller chercher. Mais pour l’instant Lucien a raison et cette 11e place est presque une victoire !... Après si j’en veux plus, va falloir travailler. On verra en fonction du temps et des finances. Pour l’instant, j’ai une belle moto, je me suis fais plaisir, j’ai rien cassé,... à suivre.

Et puis la logistique aussi est une galère ; avec la voiture, la tente et la remorque ! Garance et ses 18 mois mais j’ai besoin de les avoir tous autour de moi ; Marie, Lucien, Garance ! Rendez-vous est pris pour Le Mans. Félicitations au doublé Buell et à mon excellent Laurent Termeau sur la magnifique moto de Gérard !

David Vaudry (n°14 Ducati 998 R)

Les vainqueurs sont Michel Amalric (Buell 1340 n° 34), Bruno Destoop (Buell 1340 n° 88) et Laurent termeau.

Nous remercions les partenaires du Challenge qui ont permis, par tirage au sort, à Franck Vidal, Jean-Claude Bouvier et Robert Morlon de gagner un lot AFAM, à Selim Dutipek de rouler grâce à un bon d’essence d’Elf, , à Mohamed Lamraoui, Gérard Broussely et Stéphane Pagani de recevoir un pneu Michelin par Sud Moto Racing et à Nicolas Villet de dépenser un bon d’achat chez Zone Rouge 18.

Rendez-vous à Lédenon pour notre 4e manche les 16 et 17 juin dans le cadre du championnat de France Superbike.

 

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