Michaël Lalevée lance tout de go « l’année prochaine j’arrête ! » Pour ce pilote de 32 ans, qui s’est fait une spécialité de rouler en promosport depuis 2001, c’est la fin de son parcours après avoir successivement roulé sur Suzuki à ses débuts, Kawasaki (2005) et finalement sur Yamaha en 2007.
Il explique « Les budgets pour rouler en promosport explosent. A mes débuts il fallait compter 2.600 € pour une saison, désormais il faut allonger 8000 € ! » La faute au budget pneus, qui triple les coûts. « Auparavant quand on avait affaire à un gros concessionnaire qui vendait entre 600 et 700 pneus, il nous faisait une ristourne sur les pneumatiques. Désormais, avec le mono-marque cela n’est plus possible ».
Désormais il faut débourser environ 310 € pour un train de pneus complet sur le circuit « C’est plus cher que chez mon concessionnaire ! » s’exclame encore Michaël. Selon lui, tout le reste est à l’avenant, c’est à dire que les engagements prennent tous les ans 2,5% pour « suivre le coût de la vie » . Mais « les primes ne suivent pas le même rythme. A mes débuts les primes étaient attribués au 10 premiers de la course. Maintenant cela ne concerne que les 5 premiers ».
Le droit de réponse de Fernand Dieudonné
Fernand Dieudonné a bien voulu répondre aux interrogations de Mickaël. Selon lui, le fait de toucher des pneus gratuitement est un phénomène typiquement franco-français « Nulle part en Europe, les pilotes ne touchent leur pneus gratuitement : il n’y a qu’en France que cela existe Le pneumatique est un produit et comme tel, l’équipementier est désormais obligé de le vendre. Cette exception est amenée à disparaître. » martèle Fernand.
Selon lui, le retour d’image pour le manufacturier se fait « à travers les épreuves à fort pouvoir d’attraction comme le motoGP, le WSBK ou tout simplement à travers les Pirelli’s days » . Le fabricant de pneumatiques n’attend aucun retour d’une épreuve comme le promosport. Résultat, ce ne sont plus les « maisons mères qui déplacent leurs équipes sur les circuits, mais des prestataires de service et à ce titre ils appliquent les règles du marché. »
Pour répondre aux augmentations des engagements, Fernand expose « La location des circuits a pris en 2007 entre 15 à 30% d’augmentation. Cela est dû notamment aux coûts annexes comme les frais de médecins urgentistes etc..etc…toutes dépenses liés à la sécurité et qui nous sont imposés par la Préfecture ».
Résultat la location d’un circuit pour un w.e. de course à Dijon s’affiche à 60.000 € et un « petit » circuit comme celui de Croix en Ternois se négocie aux alentours de 35.000 €.
A cela s’ajoute la baisse régulière des spectateurs sur ce type de course « En 10 ans on est passé d’une moyenne de 6000 spectateurs par épreuve à 1.300. Cela constitue aussi une grosse érosion des rentrées financières. »
Or tout le monde sait que sans public aucun spectacle, quel qu’il soit ne peut survivre.
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