Les echos du challenge PROTWIN

 

En prologue du Bol d’Or par David Vaudry

Date : 21 septembre 2007

Aller, je me jette !

Magny-Cours du 12 au 15 septembre, malheureusement pour moi, seulement troisième et déjà dernière course de la saison 2007 sur les huit manches du calendrier.
C’est maigre et un peu frustrant quand on n’a pas roulé depuis 2003. Mais je dois partager mon emploi du temps. Et mon porte-monnaie entre diverses activités. De plus la logistique reste compliquée avec cette fois encore la location d’un fourgon pour nous rendre sur l’épreuve, 375 € de mal placés !
Fin de semaine, on n’en parle plus. Vendredi, je prends livraison d’un fourgon d’occase ! Voilà qui devrait nous simplifier la vie pour la saison prochaine.

Bref, nous voilà sur le superbe tracé de Magny-Cours, par 30°, et dans le cadre d’une épreuve de prestige puisque nous roulons ce week-end en ouverture du Bol d’Or !!!

Après un voyage rendu pénible nous sommes arrivés au circuit une heure avant la seule séance d’essais libre. La tête explosée et sur les nerfs par les pleurs de Garance qui ne veut toujours pas rester attachée dans son fauteuil. Le tout dans une bétaillère pourrie remplie de bruits d’air liés aux portes latérales et arrières qui fermaient mal.
Le temps de prendre un ticket, de trouver une place dans le paddock trop petit, de jeter toutes les affaires par terre et me voilà parti en piste… bille en tête !

J’ai pu venir m’entraîner le samedi précédant et je veux de suite descendre mes temps.
Je roule comme un bourrin, me perds dans le trafic, m’obstine sans prendre de recul. Moralité je ne descends pas en dessous des 1’56. Pas encourageant du tout.
Retour sur le parc coureur, on s’installe ; tente, coin dortoir, coin bouffe, coin mécanique, coin jouets des gosses !
Garance nous fait une frayeur en tombant tête la première du haut des 70 cm du seuil de chargement du fourgon ! Heureusement elle n’a que des égratignures superficielles. La suspicion d’une fracture du poignet, n’est en fait que le résultat d’une morsure lors de l’impact. En effet, elle s’est heureusement, dans un réflexe sorti de je ne sais où, protégée le visage avec la main avant de toucher le sol. Brrr…
Quand à Lucien, tout baigne… parti aphone de Normandie, il nous fait une nuit d’enfer en se réveillant en pleure toutes les 30 minutes. Impossible pour lui de respirer, de déglutir et tousser est un calvaire ! Laryngite et bronchite !
La dream-team quoi !

Jeudi première séance qualif…
Je pars dans le paquet. J’essais de prendre un bon rythme et quand la piste s’éclaircit enfin, je mets la moto en travers aux freins à l’entrée du 180° pour ceux qui connaissent, et tire tout droit. Le troupeau repasse, je repars, mais n’arrive à rien. 1’55’’9 et 24e position sur la grille. Bien loin de mes espoirs.
La moto n’est pas saine. En pleine charge à l’accélération, elle ondule, louvoie, secoue la tête et fait non, non, non, non, non, non.
En proie à des problèmes de réglage châssis depuis le début de saison, j’avais équipé la moto d’un ressort arrière plus souple pour cette course. Peut être trop souple. Plus des pneus, peut être, un peu usés, plus, plus, plus, … Je démonte tout. Olhins est présent, je change le ressort pour un tarage intermédiaire, pneus neufs, plaquettes de frein neuves, 19h30, la moto est terminée. Demain ça va chier ! Direction briefing !

Vendredi, deuxième qualif et dernière chance de bien figurer sur la grille.
Comme à mon habitude, je roule seul et descends les chronos tour par tour jusqu’à faire un 1’54’’6 dans la cinquième boucle. Après une chaleur ou deux, je rentre aux stands boire un coup et réfléchir ! Je repars sans améliorer. Mon train avant rebondit en fin de freinage. Impossible donc de freiner tard et de faire tourner convenablement la moto. Fin de la qualif. 1 seconde 3 de gagnées et seulement une place sur la grille ! Je partirai en 23e position.
Réflexion et prise de tête autour de la moto. Je lance des SOS à droite à gauche pour essayer de comprendre et régler ce châssis. La fourche ne descend pas assez bas.
Gérard, Peter, Manu, tout le monde se penche gentiment sur la moto, demain c’est la course et je ne veux pas non plus faire de changement radical…

Samedi matin, la course ! Moins animée que les deux dernières, voire ennuyeuse.
Bloqués en prégrille le temps que la course qui nous précède se termine et répande de l’huile partout sur la piste, nous perdons tout le bénéfice des couvertures chauffantes. Et ce matin, ça caille ! Nous partons enfin dans le tour de formation. Jusqu’à la fin du tour de chauffe je me fais deux trois chaleurs en perdant l’arrière dans les courbes à gauche.
Voilà qui ne me met pas en confiance. Moi qui "psychotais" déjà je l’avoue ; année de reprise après des déboires décourageants, des hésitations sur mon retour, et patati et patata. Les deux premières courses se sont super bien passées. Le programme cet hiver est plus que chargé. Je m’interdis la chute !
Malgré tout, le départ se passe plutôt bien. Je boucle le premier tour en 16e position. J’ai de la retenu mais je me sens bien et j’ai devant moi un bon groupe pour aller chercher des points.
Malheureusement à l’entame du deuxième tour, je rate ma vitesse à l’entrée d’Estoril. Incapable de rétrograder sur l’angle, je me laisse couler, redresse, rentre enfin cette vitesse et repars à l’arrêt complet après mettre fait déposer dans la manœuvre par Thomas (79) et sa 996-999S Le Baillif Paternel Racing Département !
Huit tours c’est court. Le groupe est désormais très loin. La moto est pénible à conduire. Mes temps ne descendent pas. J’en reste là avec des chronos modestes mais réguliers à deux dixièmes près. Et c’est un peu déçu que je rallie l’arrivée en 17e position et hors des points.

Fin des hostilités 2007 ! Ça nous a fait bien plaisir à Marie et à moi de retrouver le chemin des paddocks. Même si, avec les enfants c’est dur. Même si, la logistique était compliquée. Même si, mon niveau est loin de ce que j’ai pu connaître ! C’est un peu frustrant de repartir de si loin. Je ne m’attendais pourtant pas à mieux car je ne suis pas doué.
De 1996 à 2003, j’ai progressé à force de travail et de roulage, je n’allais pas revenir en 2007 directement aux avant-postes ! N’est pas Biaggi qui veut, ça serait trop facile ! Et encore, il bosse tous les jours pour être l’Empereur romain !
Je dois donc effacer un peu cette frustration, jouir du bonheur d’y être, en famille, avec une belle moto, au milieu d’un plateau sympathique et préparer 2008 ! Priorité, résoudre ces soucis de réglages châssis pour retrouver plus de confiance et de plaisir au guidon…

Rendez-vous pour 2008 !

Merci encore à Sylvain et Sam d’Action Motos, Le Havre et à Joël et Séverine de Gazz Machine, www.gmc-tuning.com

Et merci encore Catherine, Marie-Claude, Isabelle et Alain pour l’organisation tip-top et la plus belle ambiance que j’ai pu rencontrer sur un paddock !
Certes, l’ensemble du plateau contribue à ce résultat. En effet, le Protwin réunit un ensemble de pilotes mais aussi et surtout des passionnés ! Des machines de prestiges produites à 50 exemplaires dans le monde telles que les Buell XB RR et la Guzzi MGS se frottent à des engins, tantôt aussi rare qu’une Millona 1100 à 38 000 euros hors taxe ! Tantôt des machines de grandes séries derniers cris ou plus anciennes à puissances modestes telles que les Ducati de Fabienne et Toto pour ne citer que celles qui malgré tout se hissent en haut du classement. Tantôt à des puzzles maison comme la 79 du Team Le Baillif ou à de véritables protos telle la Spondom de Manu Ripault (http://www.cybermotard.com/Cadre-germanique-pour-belle.html ) au cadre artisanal ou carrément les JDC et SD Carbone de Jacques Del Campo et Selim Dutipek avec des cadres fait maison !!!
Des fous. Des malades, qui chapeautés par le quatuor cité ci-dessus font que le Protwin est très certainement un challenge à l’atmosphère unique, avec en plus du gros, gros gazz sur la piste !
Pourvu qu’il en soit ainsi 20 ans encore !

Chapeau bas au vainqueur, Bruno Destoop, Buell.
Féloches à tous et à toute (seule) et à l’année prochaine !

David Vaudry – Ducati 998 S n° 14

 
 
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