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Bruno Gillet : Tome 2

Publié le 23 janvier 2026

Des anecdotes comme s’il en pleuvait sur le monde des Grand Prix moto. Bruno Gillet, qui a été grand reporter chez Moto Journal durant 35 ans, a publié "Dans le coulisses de la course moto" Tome 2
Ce tome rassemble une centaine d’anecdotes recueillies auprès de tous les acteurs de ce monde prestigieux : pilotes, mais aussi team-managers, mécanos et bien d’autres.
Deux exemples en exclusivité : Guy Bertin et Valentino Rossi, à lire ci dessous.
En vente sur Amazon.

C’est le 2e tome de Bruno Gillet sur le monde du GP moto

Guy Bertin a été l’un de nos grands représentants en vitesse (six victoires en Grand Prix et vice-champion du monde) ; de plus il a roulé très français avec la Motobécane 125 sur pneus Michelin sponsorisée par l’énorme boite qu’était devenue alors Pernod. C’est d’ailleurs de ses débuts aux couleurs de l’entreprise de spiritueux qu’il nous parle aujourd’hui : 

« Après ma performance au Grand Prix de Tchécoslovaquie, Pernod voulait que je porte leurs couleurs pour le GP de France sur la 125 Motobécane. Ils m’ont donc convoqué pour remplir un contrat financier et rendez-vous était fixé à la Pernoderie, la fameuse pyramide inversée de Créteil qui était leur siège social et administratif.
Comme prévu j’arrive à 10 heures du matin, je me présente à la réception, la standardiste appelle quelqu’un par téléphone, au bout de cinq minutes une femme sort de l’ascenseur, se dirige vers moi et me demande de l’accompagner.

On monte jusqu’au dernier étage qui était celui du décideur Michel Mouillot avec qui j’avais rendez-vous. A peine les portes ouvertes il m’aperçoit et me fait signe de le rejoindre, et dès que j’arrive auprès de lui il me fait entrer dans son bureau et me dit "voilà c’est pas compliqué, le téléphone de mon bureau ne fonctionne plus, par contre celui du bureau d’à côté marche très bien, donc vous inversez les téléphones, faites le nécessaire."

Guy Bertin au Moto Classic de Plouay de 2025 ( photo C. Bourget)

Je ne me suis pas démonté, je l’ai regardé et lui ai répondu "moi je veux bien, mais je ne suis pas venu avec ma caisse à outils."
Là il me répond "comment ça vous n’avez pas d’outils, alors vous êtes qui ?"
Je lui réponds : "Guy Bertin."
Heureusement c’était un gars cool et ça nous a même rapprochés. C’était le tout début de l’écurie Pernod donc il ne connaissait pas les pilotes de visage, il y a donc eu un petit quiproquo puisqu’il attendait urgemment le réparateur de téléphone ! On s’est toujours bien entendu grâce à ça, le premier contact compte beaucoup. »

Valentino Rossi a toujours été intéressant à interviewer

Valentino Rossi était un pilote toujours intéressant à interviewer (il l’est sans doute encore mais il ne court plus à moto). Lors de sa seconde période chez Yamaha (après son passage de deux saisons chez Ducati), il a décidé que chaque journaliste aurait droit à dix minutes par an d’interview en face à face avec lui ; et encore, il fallait appartenir à un média d’importance.

Dix minutes par an ça peut sembler très peu mais dans tous les domaines, les personnalités les plus célèbres sont obligées de se protéger médiatiquement, faute de quoi elles passeraient leur vie en interview ou en dédicaces et selfies auprès des fans. De plus, tout journaliste présent sur le Grand Prix pouvait poser ses questions tous les jours à Valentino (et aux autres) après les essais et après la course lors du "point presse", genre de mini conférence de presse. Mais on était alors en compagnie de tous les autres journalistes, donc si on avait une bonne idée de question assez inédite, on attendait plutôt ce face à face de dix minutes pour ne pas retrouver sa question et la réponse dans toute la presse moto nationale et internationale parfois même avant votre propre publication !

Vale est sans doute l’un des rares à pouvoir citer les noms des champions français en GP

Bref après avoir comme il se doit pris rendez-vous des mois à l’avance, je suis arrivé dans le bureau du camion Yamaha pour mon interview avec "46 questions pour le numéro 46" et ai annoncé ça d’entrée de jeu à Valentino. Il n’a pas moufté, même si lui comme moi savions pertinemment qu’on ne fait pas tenir 46 questions/réponses en dix minutes, mais dans la vie rien n’interdit de suggérer de pousser quelques portes. Au bout d’un vingtaine de questions, son attachée de presse (qui est toujours présente car elle enregistre l’interview, ce qui est tout à fait logique pour qu’aucun journaliste ne déforme la teneur des propos de l’interviewé), donc l’attachée de presse Yamaha nous interrompt et dit à Valentino : « Vale, on va devoir s’arrêter là car un journaliste anglais attend pour une autre interview de dix minutes ».

Le nonuple champion du monde ne s’est pas démonté : « Laisse-le finir, il fait son boulot et elles sont bien ses questions ! » Et c’est ainsi que j’ai réalisé une interview de Rossi de 24 minutes pour Moto Journal, au lieu des dix "règlementaires". Je me souviens notamment qu’en fin d’interview je lui ai demandé combien de champions du monde français en Grand Prix il était capable de citer.
Et il m’a répondu en quelques secondes Patrick Pons, Christian Sarron, Olivier Jacque, Arnaud Vincent, Mike Di Meglio et Johann Zarco (Quartararo n’était pas encore titré). Il n’en avait donc oublié qu’un, Jean-Louis Tournadre. Chapeau ! Je l’ai chaleureusement et sincèrement félicité, ce à quoi il m’a répondu : « Je connais assez bien l’histoire de la course moto, d’abord ça m’intéresse et aussi à travers mon père qui a été pilote de GP à l’époque ».
En plus d’être un pilote hors pair, Valentino a toujours été brillant en interview, ce qui le rendait d’autant plus attachant.


Thierry Leconte

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