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Tourist Trophy : premier défi !

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Les aventures d’un « petit » pilote au TT 2002 sur l’île de Man, petit île perdue en mer d’Irlande. Pour ceux qui ne connaissent pas ou que de nom, j’espère que ça leur donnera des idées pour y participer ou moins y aller en spectateur : c’est une course unique au monde !

Tourist Trophy : premier défi

Tourist Trophy : premier défi

Séances d’essais dans la Montagne : Avec des pointes à 160km/h, on pense être au mieux de sa forme.

Mais les meilleurs pilotes du T.T. vous déposent avec 100 km/h de plus, le tout sur route mouillée !

Le TT est vraiment une course à part ! Allez savoir pourquoi, je me suis mis en tête de faire cette course ?

Tout ce qu’on raconte est vrai. Ca va vite, très vite : 175 km/h de moyenne au tour pour moi en 600, 203 km/h pour les meilleurs, ce n’est pas courant surtout sur un tour de 60 km ! C’est dangereux, très dangereux : il n’y a qu’un bac à gravier sur les 264 virages du circuit, le reste est constitué d’arbres, de murs, de poteaux voire de rien du tout avec le ravin dans la montagne. Il y a bien quelques bottes de pailles ... La météo est changeante, très changeante, on peut passer du grand soleil au brouillard épais ou à une pluie diluvienne (voire les deux en même temps !) d’un tour sur l’autre.

Au premier contact, ça parait complètement con comme course, un peu comme une roulette russe avec 6 balles dans le barillet. En fait il faut bien comprendre la philosophie du truc, ce n’est pas une course de vitesse. Il faut plutôt l’aborder comme une grosse arsouille sur route, du genre de celle qui anime les discussions au troquet le soir, sauf que là, tu as la route pour toi tout seul sans personne en face. Ce n’est pas le royaume du freinage d’outre tombe qui te fait gagner 5 centième ou du réglage de gicleur au demi point. Ce qu’il faut c’est une machine solide, l’idéal est de rester proche de la série, en choisissant une moto performante à la base (genre R6 en 600 et GSXR en 1000). Les suspensions méritent une attention particulière, c’est plus important que le moteur où on peut changer à la rigueur la ligne. L’amortisseur de direction efficace est absolument indispensable. Le chrono se fait sur la connaissance du terrain en tout premier point. J’ai vu des gars avec des machines totalement de série (juste les phares scotchés et les clignos démontés) faire des chronos parmi les meilleurs.

Pour le newcomer (celui qui participe pour la première fois, comme ma pomme) c’est un peu le bizutage. D’abord, ils t’obligent à rouler avec une chasuble orange vif, bonjour la honte, tu te fais bien chambrer. Ensuite à la première séance d’essai, je me suis pris au bas mot un quart d’heure dans la vue sur un tour ! Ca calme. Ha ça ! j’ai bien compris l’intérêt du bordel orange : quand toi tu tâtonnes péniblement à 160 sur le mouillé en serrant les fesses (le prochain c’est à fond ou pas ?), les meilleurs te déposent avec 100 bornes de plus, il faut mieux qu’ils te voient de loin !

Même si ça fout les boules sur le coup de se prendre une pilée pareille au chrono, il faut garder la tête froide et rester serein. D’abord apprendre le circuit, les virages qui passent à fond et les autres. En cas de doute, il faut toujours couper, ne jamais croire, être toujours sûr. Une erreur à 250 ne pardonne pas. Petit à petit ça vient, les chronos descendent et finalement la qualification est acquise. Quand on commence à connaître le circuit, c’est le panard ! Passer au ras des arbres à toc, rentrer sans couper dans une courbe en haut d’un bosse en sachant que derrière ça passe, rouler à 250 km/h en ville sans radar ça laisse des souvenirs dont l’intensité est impossible à décrire par des mots, il faut l’expérimenter pour bien comprendre.

Les courses ne sont qu’une formalité, il n’y a aucun espoir pour un newcomer d’être bien placé. C’est l’occasion d’une bonne tranche de roulage en plus. C’était aussi l’occasion du premier ravitaillement de ma vie en course, laborieux : 2 minutes pour faire le plein au lieu d’à peine 30 s pour les autres. On avait pas mis assez d’essence dans le derrick ! Malgré ces quelques péripéties et deux frayeurs sur le tracé (en arrivant de plus en plus vite sur un même virage, y’a un moment où il commence à être nécessaire de freiner avant ...), je termine meilleur newcomer dans les deux catégories dans lesquelles je me suis engagé. J’ai appris dernièrement que je serais même le meilleur newcomer officiel du TT 2002 avec la course des production 600. J’étais surpris du résultat et vraiment super content !

En résumé, c’est une course à découvrir absolument, au moins en spectateur. C’est presque aussi impressionnant ! En plus c’est à l’ancienne, il n’y a pas tous les grillages des circuits modernes, les motos te roulent presque sur les pieds à certain endroit. En plus l’ambiance est vraiment géniale et les habitants de l’île sont très ouvert et apprécient les motards ce qui n’est pas si fréquent. Attention, pour y aller c’est un peu compliqué avec le ferry Angleterre - Ile de Man, mais il suffit de s’y prendre à l’avance.

600 production : 42ème sur 89 participants avec un meilleur tour en 21’17’’. 600 junior : 31ème sur 65 participants avec un meilleur tour en 21’13’’5

Cyril Guillemin

Tourist Trophy : premier défi

Tourist Trophy : premier défi

Première étape, le briefing « en français » s’il vous plaît. Les organisateurs du T.T. font l’effort de traduire toutes les consignes dans la langue de Molière. C’est assez rare pour être souligné.

Cyril récupère tous ses coupons de présence ce qui va lui permettre de participer aux séances d’essais.

A ce briefing on leur demandera de porter une plaque, pendant les courses, autour du cou avec le nom, prénom et groupe sanguin...Ceux qui auront fait l’armée comprendront.

Tourist Trophy : premier défi

Tourist Trophy : premier défi

Lors des essais qualificatifs, la moto est auscultée sous toutes les coutures lors du « scruitining » avant chaque départ...à 4H15 du matin.

Les inspecteurs sont inflexibles : le premier jour , Michel ( à droite) , le père de Cyril, apprend qu’il faut freiner le filtre à huile !

Sans cette formalité, impossible de prendre le départ. Mais cela s’est révélé utile puisqu’à l’issue de cette première séance, le filtre s’était quand même dévissé d’un tour et demi !


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